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En CD...
Rubrique : Stéphane MANIETTE DECIBEL GUITARE (c)
Tristan KEIN "Universal mojo" Disque du Mois DECIBEL GUITARE mars 2010

De nos jours, pour un guitariste, faire un album instrumental est une gageure. Le réussir est une autre paire de manches. Jouer vite et en place, requiert certes de la pratique et de la technicité, mais ce n’est pas ce qui donne une âme à un album. Maintenant, on va prendre Joe SATRIANI, Steve VAI et quelques autres, en leur donnant du cœur et des sentiments, de la chaleur humaine, de la poésie, de la nostalgie, une touche de Blues et un peu de recul. On risque bien d’arriver à s’approcher de la musique de Tristan KLEIN. Lui, est juste Breton et se fout éperdument  des frasques des autres. C’est un pur, un besogneux de la six cordes, avec qui il communie. Le tout pour sa propre musique, pour donner aux autres ce qu’ils n’ont peut-être pas. Du recul, il en a, pour donner le meilleur de lui-même à une cause déjà perdue et pour pouvoir espérer la faire renaître. Il le fait tellement bien, qu’on repart pour un tour, en se disant que seule, la parole du cœur sait magnifier une guitare. Et que quelques vocalises en sus, ne sauraient donner plus d’ampleur à un album qui en regorge déjà suffisamment. Let the « Universal Mojo » workin’...

  
Guillaume "CRUDY" DECONINCK "Out Of Time"

Sombre et envoutante, telle est l’atmosphère du disque de CRUDY.  Cet album recèle des ambiances Floydiennes et des mises en place à la RADIOHEAD avec certains riffs qui pourraient être issus de SANTANA. Les nappes de Synthés sont planantes à souhait et les Guitares aériennes. Cet album nous plonge dans une sorte de léthargie psychédélique, dont il est difficile de sortir. Le monde selon CRUDY est peut être triste mais jamais déprimant. Un genre de thérapie contre le stress et le bruit des villes. A écouter devant un bon feu de cheminée tout en laissant son esprit s’évader, hors de soi, hors des tourments. Un retour sur les années ’70 où on avait encore le temps. Un titre qui colle à la musique de CRUDY « Hors du Temps ». Une méditation transcendantale bien transformée. Que la Nostalgie a du bon...

  
Jimi HENDRIX "Valleys Of Neptune" (LEGACY RECORDS)

Chroniquer un nouvel album de Jimi HENDRIX, c’est comparable à se dire, qu’on va ouvrir une bouteille d’un des plus grand crus, que l’on connait bien et qu’on a, à maintes fois goûté, mais en se posant tout de même la question de sa bonification dans le temps. Pour l’année des 40 ans de sa disparition, LEGACY RECORDS, sort donc un album avec des titres bien entendus « connus » de sessions d’enregistrements, qui n’ont  jamais été gravés auparavant et mis à disposition, par la famille de Jimi. On attend donc a l’écoute de cet album, une certaine révélation, même posthume, sans trop y croire. Coup de Pub ?... Et bien, Non ! Plutôt un coup de poing, comme on n’a pas pris depuis longtemps. On se prend à redécouvrir Jimi HENDRIX, avec une écoute autre, avec une oreille sensible à la moindre note (divine) qu’il peut sortir de sa Guitare. Seule demie-surprise, le titre éponyme de l’album « Valleys of Neptune », le reste étant en territoire totalement conquis, par des années d’errance à la recherche de celui par qui pourrait revenir l’absolu. Un territoire en friche depuis son départ vers l’au-delà des Grands et qui reverdit un peu aujourd’hui avec la sortie de ce CD. Le remastering est adéquat à la prestation d’époque et ce disque est véritablement bien venu dans le désert sidéral qu’a pu laisser un 18 septembre 1970, un jeune Guitariste connu sous le nom de Jimi HENDRIX.


  
KB "Twelve Ways to WARm up Your Days"

Le monde selon KB est un monde à part. Il créer son environement musical, avec ses touches de virtuosité guitaristique, mélées à des scratchs et autres bidouillis. Ce disque est bouillant, prenant, étonant et au-delà du réel. KB s’est forgé à coups de fiffs, un monde plein de fantaisie et d’humour, sachant s’entourer de musiciens ou DJ de valeur pour donner une âme profonde à son œuvre. Car ce premier album est bien un oeuvre d’art et de talent. KB maîtrise son instrument et passe souvent le mur du son, avec des prouesses qui semblent même dépasser les géants de la six cordes, mais sans jamais en mettre plein la vue, en restant lui-même, humble et sensible. Cet album est celui d’un guitare héro qui se souvient encore de son apprentissage et par où il a dù passer pour en arriver à un tel niveau. A l’écoute de cet album on est ému de tant de virtuosité, distillée dans un petit jardin où KB nous passerait les images qui collent à sa musique, car le Garçon cultive également l’art graphique. KB est donc un artiste complet , c’est un peu le Andy WARHOL de la musique. Entre virtuel et réél.


  
ALEXX & MOONSHINERS

Entre Janis JOPLIN, Patti SMITH et Patricia BARBER, la voix de Alexx WOKENSCHROLL fait des miracles sur cette première mouture discographique des « MOONSHINERS ». Secondée par Lionel RISS, fin, énergique  et excellent Guitariste, plus une section rythmique de premier ordre avec  Aurélie SIMENEL à la batterie et David BRAUD à la basse, la demoiselle Alexx, peut tirer sur se cordes vocales jusqu’à plus soif. Ce groupe paritaire entre garçons et filles apporte une note de fraicheur remarquable dans un mélange de genres Blues, Rock, Punk  avec du Groove à tous les étages. A l’écoute de ce « Things », on tappe du pieds, on a envie de bouger, d’aller revisiter les grandes plaines US en roulant sur des Hyghways longues comme des jours sans fin. Puis s’arrêter pour boire une Bud au bar du coin et quand la musique s’arrête, aller remettre une pièce dans le jukebox, pour que le bonheur continue et ne se termine pas là. Ce disque est joyeux à souhait et le Blues est un ciment de l’ensemble des morceaux, composés de titres originaux et de quelques reprises, le tout cuisiné  avec une sauce, propre aux MOONSHINERS. Un album qui devrait être remboursé par la « Sécu »  en tant que médication d’urgence anti-déprime. A se procurer absolument.

  
A.PROJECT "Blues On The Run"

Le Blues ne tire sa quintescence que dans les groupes en Trio et cela se ressent tout au long de l’album des A.PROJECT. Ce CHIGAGO Blues, mis en avant par des musiens « hors pair » semble directement issu de « Juke-Joints » réputés des States. On est ici submergé par la complicité qui lie les musiciens, qui donnent tout ce qui ont en eux pour produire une musique où règne en maître l’ombre du CROSSROAD. Remis au goût du jour par des arrangements propres au groupe, certaines reprises retrouvent une nouvelle jeunesse. Outre leurs compositions personnelles, le A.PROJECT s’attaque à des pointures telles Otis RUSH, Freddy KING, Stevie RAY VAUGHAN, Muddy WATERS ou bien encore Robben FORD. Les A.PROJECT on une capacité à « Magnifier » la musique . Du sang « Blues » coule dans les veines des trois membres du groupe, Thierry ANQUETIL (Guitare et Voix), maître incontesté des 12 mesures, Jean Philippe ROUX (Basse) ayant tourné au cours de sa carrière avec de « Grosses » pointures et Eric THIEVON (Batterie) directeur des écoles TAMA en France. On est ici en présence d’un album qui ravira tous les amateurs de Blues et surtout les amateurs de «Grands » moments guitaristiques. A absorber sans modération aucune en faisant tout de même attention au verre de Boubon posé à côté de vous...  

  
ARID "Under The Cold Street Lights"

Nos voisins Belges ont pour eux de ne pas faire trop de bruit. Mais ils savent nous envoyer par moments, des « Scuds » imparables, afin de nous rappeller que la musique, fait aussi partie de leur gènes et qu’il n’y a pas que de la « friture » sur la ligne. Pour son quatrième album studio, ARID nous livre ici une perle rare tout en Pop limpide avec des morceaux déliés, submergée par la voix suave et haut perchée de Jasper STEVERLINCK, qui flotte en finesse au dessus de la musique de ses compères.Certains morceaux pourraient ressembler à du QUEEN, dans ses meilleurs moments. Mais on outrepasse cette ressemblance trop restrictive, pour aller chercher autre chose dans cette musique si parfaite dans l’esprit de la brume qui recouvre les polders au petit matin, puis s’échappe, laissant place à cette incomparable lumière qui donne tant de relief « au Plat Pays ».
Les envollées lyriques de ARID sont plutôt comparable à MUSE. Ce disque est beau et lumineux. Tendre et insouciant, nostalgique et empreint d’une atmosphère sublime. Un grand moment d’évasion.

  
CHAD SMITH'S BOMBASTIC MEATBATS "Meet The Meatbats"

Amis Batteurs, cet album est fait pour vous (et pour les autres également). Chad SMITH, le batteur des RED HOT CHILI PEPPERS et de CHICKENFOOT, nous revient ici avec une formation tendence Blues-Jazz Fusion, avec des grooves Acid Jazz. Louchant activement sur cetains effets des années '70 ce disque est étonnant et met en avant la haute technique d'un Chad SMITH au top de son art. Cela sort de l'ordinaire et des contraintes que certains labels imposent. Chad SMITH a voulu se faire plaisir et il apporte une pierre supplémentaire à son édifice de batteur. Dans le mix, les Toms sont en haut de la pyramide quand il le faut, mais sans jamais dénaturer la texture des autres instruments. Les parties de Guitares et de claviers sont inspirées à souhait. En espérant que cet album ne restera pas isolé dans la discographie de Chad SMITH, car c'est du bel ouvrage, qui réveille et charme l'oreille de son auditoir. A suivre...
Bernard ALLISON Group "The Otherside"

Pour son 13e album, Bernard ALLISON nous livre ici l’expression même de « sa » vision du Blues. Celle aquise pendant près de 45 ans à côtoyer les fines lames en la matière. Son père lui a donné un nom et Bernard le fait perdurer de bien belle manière, avec le respect de l’Histoire. Saupoudrant ici et là ses riffs personnels bordés de sa voix suave et profonde. Entouré d’un très bon Groupe, il laisse le chant sur deux titres à son clavier Bruce B.Mc CABE, qui interprète entre autre un « Still Rainin » de sa composition, puissant et jouissif. Il est également rejoint sur le titre "Leavin The Bayou" par Lonnie BROOKS qui pose sa Guitare ainsi que sa voix sur le morceau. Cette galette de Bernard ALLISON peut être considérée comme celle de la maturité. Rien n’est en trop. Tout est à sa place et les morceaux défilent avec un grand bonheur, laissant transparaître une fois de plus, l’immense richesse du Blues et de ses connotations rythmiques. Ce disque est une sorte d’Hommage, rendu a de la « Grande » musique, par un « Grand » Guitariste. Ne passez pas à côté sans l'adopter. Le trait d'union entre Chicago et le Delta se nomme Bernard ALLISON...
  
Joe BONAMASSA "Black Rock"

Prolifique par passion plus que par raison, Joe BONAMASSA est de retour, avec un nouvel album bourré de bonnes vitamines Rock et Blues, à la sauce 21e sciècle. Enregistré entre la Californie et la Grèce, cette nouvelle mouture de Joe recèle bien des surprises. La moitié des titres sont des reprises de morceaux qu’il affectionne particulièrement et qu’il remet au goût du jour avec sa « patte » personnelle en ajoutant à certains moments des instruments typiques grecs ou à d’autres, une dose de Shred dont on ne le savait pas si friand... Un invité de marque en la personne de BB KING, vient le rejoindre sur le titre « Night Life », véritable morceau d’anthologie du plus grand des dinosaures du Blues, qui vient mêler son savoir à celui d’un jeune reptile de la six cordes. Le cahier des charges de Joe BONAMASSA pour l’enregistrement de cet album était de jouer fort, d’être téméraire en restant insouciant, de produire de la bonne musique et surtout de prendre du plaisir. Contrat rempli ! Joe BONAMASSA sait qu’il peut aujourd’hui tutoyer tous les sommets du Rock et du Blues, sans s’enferrer sur un modèle. Cela le rend plus « serein ». Mais attention, sa marge de progression n’est pas encore atteinte... Que va nous réserver la suite. Avant qu’il use toutes ses Guitares on a encore le temps d’avoir quelques bonnes Galettes à se mettre entre les oreilles. Cela tombe bien, car on en redemande ! Certainement le disque le plus énergique et le plus "lumineux" de ce début de printemps.