De nos jours, pour un guitariste, faire un album instrumental est une gageure. Le réussir est une autre paire de manches. Jouer vite et en place, requiert certes de la pratique et de la technicité, mais ce n’est pas ce qui donne une âme à un album. Maintenant, on va prendre Joe SATRIANI, Steve VAI et quelques autres, en leur donnant du cœur et des sentiments, de la chaleur humaine, de la poésie, de la nostalgie, une touche de Blues et un peu de recul. On risque bien d’arriver à s’approcher de la musique de Tristan KLEIN. Lui, est juste Breton et se fout éperdument des frasques des autres. C’est un pur, un besogneux de la six cordes, avec qui il communie. Le tout pour sa propre musique, pour donner aux autres ce qu’ils n’ont peut-être pas. Du recul, il en a, pour donner le meilleur de lui-même à une cause déjà perdue et pour pouvoir espérer la faire renaître. Il le fait tellement bien, qu’on repart pour un tour, en se disant que seule, la parole du cœur sait magnifier une guitare. Et que quelques vocalises en sus, ne sauraient donner plus d’ampleur à un album qui en regorge déjà suffisamment. Let the « Universal Mojo » workin’...
Sombre et envoutante, telle est l’atmosphère du disque de CRUDY. Cet album recèle des ambiances Floydiennes et des mises en place à la RADIOHEAD avec certains riffs qui pourraient être issus de SANTANA. Les nappes de Synthés sont planantes à souhait et les Guitares aériennes. Cet album nous plonge dans une sorte de léthargie psychédélique, dont il est difficile de sortir. Le monde selon CRUDY est peut être triste mais jamais déprimant. Un genre de thérapie contre le stress et le bruit des villes. A écouter devant un bon feu de cheminée tout en laissant son esprit s’évader, hors de soi, hors des tourments. Un retour sur les années ’70 où on avait encore le temps. Un titre qui colle à la musique de CRUDY « Hors du Temps ». Une méditation transcendantale bien transformée. Que la Nostalgie a du bon...
Chroniquer un nouvel album de Jimi HENDRIX, c’est comparable à se dire, qu’on va ouvrir une bouteille d’un des plus grand crus, que l’on connait bien et qu’on a, à maintes fois goûté, mais en se posant tout de même la question de sa bonification dans le temps. Pour l’année des 40 ans de sa disparition, LEGACY RECORDS, sort donc un album avec des titres bien entendus « connus » de sessions d’enregistrements, qui n’ont jamais été gravés auparavant et mis à disposition, par la famille de Jimi. On attend donc a l’écoute de cet album, une certaine révélation, même posthume, sans trop y croire. Coup de Pub ?... Et bien, Non ! Plutôt un coup de poing, comme on n’a pas pris depuis longtemps. On se prend à redécouvrir Jimi HENDRIX, avec une écoute autre, avec une oreille sensible à la moindre note (divine) qu’il peut sortir de sa Guitare. Seule demie-surprise, le titre éponyme de l’album « Valleys of Neptune », le reste étant en territoire totalement conquis, par des années d’errance à la recherche de celui par qui pourrait revenir l’absolu. Un territoire en friche depuis son départ vers l’au-delà des Grands et qui reverdit un peu aujourd’hui avec la sortie de ce CD. Le remastering est adéquat à la prestation d’époque et ce disque est véritablement bien venu dans le désert sidéral qu’a pu laisser un 18 septembre 1970, un jeune Guitariste connu sous le nom de Jimi HENDRIX.